Levé très tôt (4h30), j'ai pu assisté au lever du soleil.

Après un petit dej et une petite course au magasin de Roh (une petite trotte à pieds quand même) en compagnie du diacre, je me prépare pour la ballade des "La légende de Roh" que je fais en compagnie du diacre (qui fera le guide) et de Magali, une touriste qui logeait au même endroit. C'est l'occasion de prendre des photos devant la maison.

Il est 7h10, c'est parti pour la ballade. Ici le diacre en tenue, avec la canne à pêche dans la main gauche et la machette dans la main droite.

Le sentier nous mène aux rochers ci-dessous, symbole de "la légende du poulpe et du rat".

Il y avait une fois une poule sultane, un crabe de cocotier et un rat. Un jour, il n'y avait plus rien à manger sur Maré. Les trois animaux décidèrent alors d'aller sur Tiga, une île voisine. Le rat se fît emmener par la poule par les airs. Arrivés là-bas, ils pillèrent toutes les cultures en se goinfrant. Les habitants de l'île s'en rendirent compte et commencèrent à les poursuivre. La poule s'envola vers Maré. Le crabe s'en alla par la mer tandis que le rat, lui, restait là à pleurer. Les habitants allaient arriver et le tuer, il pleurait, pleurait, mais le poulpe entendit ses sanglots. Il approcha et trouva le rat, il lui demanda : "Pourquoi pleures-tu ?"

              Le rat lui dit : Je pleure car les habitants de Tiga me poursuive et vont me tuer et je n'ai aucun moyen de m'échapper. Le poulpe lui dit alors : "Saute sur mes épaules !" et le rat sauta sur les épaules du poulpe et s'y assit. Le poulpe nagea ainsi avec lui, mais des vagues arrivaient clapotant et claquaient en recouvrant la tête chauve du poulpe. Ils étaient alors arrivés au milieu du lagon. Le rat se mit à rire des reflets qu'il voyait sur le crâne du poulpe. Celui-ci demanda : "Rat, qu'as-tu à rire ?" Le rat lui dit : "je ris à cause des vagues." Ils continuèrent à nager vers la côte,et, à nouveau, le rat rit et alors le poulpe lui demanda : "Rat, à cause de quoi ris-tu ?" Et le rat répondit : "Je ris parce que je vois Maré qui se rapproche". Ils continuèrent et arrivèrent sur le sable sec. Le rat prit pied sur le rivage et dit alors au poulpe : "Tout à l'heure, c'est de ta calvitie que je riais !". Le poulpe fut alors très courroucé. Pour se venger il lui lança un brun de paille (d'où la longue queue du rat). Le rat riposta en lui lançant une poche d'encre. Puis il courut se cacher dans sa maison et le poulpe s'en retourna vers son récif. Tous deux vécurent dans leur maison et y demeurent encore aujourd'hui, en étant les pires ennemis.

Ici les deux rochers représentant les deux animaux de la légende : la tête du poulpe en bas, le rat dessus

Lors de cette ballade, le diacre nous présenta de nombreuses plantes médicinales, importées pour beaucoup par les missionnaires anglais au milieu du XIXe siècle. Ces missionnaires ont importer beaucoup d'autres plantes qui leur ont été utiles.
Ici par exemple le Soumate symbole de Roh, servant d'encre bleue une fois pressée.

Ici encore une plante servant cette fois d'encre rouge comme vous l'aurez deviné.

Ici une plante guérissant de la chaude-pisse. Et oui, y a des remèdes pour toutes les maladies dans la nature! ;)

Ici un piège de crabe de cocotier : les chasseurs découpent une coco et la fixent à proximité des endroits à crabes de cocotiers. Les crabes sortent alors la nuit, attirés par l'odeur de coco et viennent manger la coco à disposition. C'est à ce moment que les chasseurs en profitent pour les capturer.

Ici le moment commémorant l'arrivée de l'Evangile en 1861, à Maré par les missionaires protestants anglais. C'est un symbole fort puisqu'avant l'Evangile, les kanaks étaient tout simplement des cannibales. L'Evangile a pu les civiliser.

Si vous arrivez à lire le Nengone LOL :

Ici le diacre nous fait une démonstration de pêche au poulpe avec sa canne à pêche qui a un appât en forme de rat : un corps brillant et une longue queue. L'heure n'était malheureusement pas la bonne, le lever de soleil étant la meilleure, pour apercevoir un poulpe.

Ici, le diacre nous présente un trou d'eau servant à recueillir les poissons pêchés ne devant pas être consommés immédiatement, mais également les tortues qui seront offertes au grand chef lors de la fête annuelle de l'igname nouvelle. A Maré, manger de la tortue est banni. Seul le grand chef peut en manger. Si une autre personne essayait d'en manger on dit qu'elle mourrait.

De retour un peu avant 11h, il était presque temps de faire un repas d'aurevoir. Osine, la maîtresse de maison, nous avait préparé pleins de bons petits plats : salade de papaye, une salade d'ignames blancs, des tomates avec beaucoup de chaire et très peu de pépins, des ignames cuits avec de la citrouille verte (la citrouille est mûre mais garde une peau verte), et des spaghettis. Le repas était arrosé de lait de coco bu directement à la coco verte. Miam!

Aurevoir d'Osine et d'un de ses fils. Pour anecdote, c'est lui qui m'appela Scofield tout le week-end trouvant que je ressemblait beaucoup à ce personnage de Prison Break. C'est ainsi que le diacre qui ne regarde pas la télé m'appela lui "l'Acteur" LOL . Donc pour les fils d'Osine et Roland j'étais "Scofield", pour Roland "l'Acteur" et pour Osine tout simplement "Nico".

Vint ensuite la coutume pour dire merci et aurevoir. C'est Michel, collègue de l'IRD, qui, encore un fois, fait ce geste symbolique auprès du maire de Roh.

Le maire disant : "vous êtes entrés par la grande porte, vous ressortez également par la grande porte".

Puis un dernier chant d'aurevoir quasi improvisé et la navette nous amène à Tadine où nous devons prendre le Vomitcho (pardon le Betico) à 14h45...Bien sûr on part finalement à 15h45.

Les trois premières heures de voyage furent très mouvementées. La mer étant vraiment démontée. Le bateau n'a alors jamais aussi bien porté son surnom....

Heureusement, j'ai pu dormir dès le début, ce qui m'évita je pense d'être malade.

C'est ainsi que se termina se week-end qui restera ancré dans ma mémoire très longtemps je pense.